Prise de parole : de l'anxiété à l'applaudissement

La peur de parler en public est une émotion universelle. Elle est ressentie par de nombreuses personnes à travers le monde.

 

Prendre la parole est souvent comparé à un art, et comme tout art, il s'agit d'une performance où l'émotion joue un rôle clé. Pourtant, cette émotion, lorsqu'elle se manifeste sous forme de peur, peut devenir un obstacle paralysant.

 

À travers cet article, nous allons explorer ensemble cinq stratégies éprouvées qui vous aideront à canaliser votre nervosité et à la convertir en une force dynamique capable d'enrichir vos interventions.

 

Accepter et apprivoiser le trac

 

J'ai souvent lu des articles vantant les mérites de telle ou telle formation pour se débarrasser du stress lié à la prise de parole. Je ne suis pas d'accord. Pour moi il est essentiel de ne pas chercher à éliminer le trac, Il convient plutôt de l'accepter et de l'apprivoiser.

 

Il est naturel de ressentir une certaine appréhension avant de se présenter devant un public, que ce soit pour une présentation en entreprise, une performance artistique ou un discours public.

 

Le trac n'est pas nécessairement une mauvaise chose. Il est pour commencer un indicateur précieux de l'importance que nous accordons à notre performance ou à notre présentation.

 

Il est également crucial de comprendre que le trac est une réaction physiologique normale du corps. C'est une réponse à une situation stressante.

 

On peut également utiliser le stress à notre avantage. Par exemple, l'adrénaline produite par le trac peut nous aider à être plus alertes et concentrés et améliorer ainsi notre performance.

 

Aussi, plutôt que de chercher à éliminer complètement le trac, il peut être plus bénéfique d'apprendre à le gérer.

 

Comprendre l'origine de la peur

 

Qu'est-ce qui vous fait peur exactement ? Est-ce l'idée de parler en public ? Le jugement des autres ? L'incertitude de l'issue de votre intervention ?

 

La peur de parler en public est en général associée à un événement traumatisant qui a eu lieu par le passé et nous empêche de recommencer sans ressentir un stress ingérable pour certains.

 

En identifiant la source de votre peur, vous pouvez commencer à travailler sur des stratégies pour la surmonter.

 

J'identifie 7 peurs qui nous empêchent de prendre la parole en public.

  • La peur du jugement : le regard des autres est la plus grande peur de l'être humain. Quand nous prenons la parole, cette peur est encore décuplée car nous sommes au centre du débat. Tous les regards sont dirigés vers nous ;
  • Le syndrome de l'imposteur ou l'idée persistante que votre succès n'est pas mérité, et que vous allez être découvert comme un imposteur ;
  • Sortir de sa zone de confort : énoncer un discours demande en effet de sortir de sa zone de confort. Tester de nouvelles choses est pourtant la seule façon de progresser dans la vie ;
  • La volonté de plaire à tout le monde : on ne peut pas plaire à tout le monde c'est impossible. C'est une perte de temps et d'énergie ;
  • L'incapacité de gérer son stress. Il est tellement conséquent et pesant qu'on évite toute situation qui pourrait le provoquer ;
  • Ne pas aimer sa voix : 90 % des personnes détestent entendre leur voix enregistrée. Elle nous dérange ;
  • Oublier son texte : apprendre son texte fait partie de la préparation de votre présentation.

Techniques de relaxation et de respiration

 

La respiration profonde peut aider à calmer votre esprit et à vous concentrer sur vos images mentales. Elle permet de renforcer le diaphragme, un muscle essentiel pour une respiration optimale.

 

En respirant profondément, on aspire plus d'oxygène, ce qui stimule le système nerveux parasympathique, responsable de la relaxation corporelle. Cela conduit à une réduction du rythme cardiaque et de la pression artérielle, créant ainsi un état de calme et de relaxation.

 

La respiration profonde peut également améliorer la concentration. Lorsqu'on respire profondément, on se focalise sur le processus de respiration, ce qui peut aider à détourner l'attention des pensées distrayantes et à se concentrer davantage sur la tâche à accomplir. Cela peut être particulièrement utile lors de la méditation ou de la pratique du yoga, où la concentration est essentielle.

 

Sans entrer dans les détails, la gestion du stress passe par l'allongement de l'expiration. Je vous suggère de faire l'exercice suivant :

 

imaginez que vous essayez d'éteindre une bougie qui ne s'éteint jamais et continuez à souffler le plus longtemps possible.

 

La préparation est votre alliée

 

La préparation est un élément essentiel pour gérer le trac. Plus vous êtes préparé, moins vous aurez de chances d'être surpris par des questions ou des situations inattendues.

 

La préparation implique de bien connaître votre sujet, de préparer votre matériel en avance et de répéter votre présentation plusieurs fois.

 

L'importance de la répétition

 

La répétition de votre présentation est une étape incontournable de la préparation.

 

Cela vous permet :

  • de vous familiariser avec votre contenu ;
  • de repérer les zones d'incertitude ;
  • de travailler votre diction, votre articulation et le ton de votre voix ;
  • d'apprendre à gérer votre timing.

Pensez à répéter devant un public de cobayes et à prendre en considération leur feed-back qui dans tous les cas sera toujours bienveillant. Je suggère de parler en termes de points forts et de points d'amélioration.

 

La préparation de votre matériel

 

La préparation s'étend également à la préparation de votre matériel en amont de la conférence. Cela inclut :

  • la présentation PPT et la préparation des diapositives ; 
  • la rédaction de vos mindmaps et autres outils de mémorisation ;
  • les vidéos et supports audio éventuels ;
  • les accessoires pour certaines démonstrations ;
  • sans oublier votre dress code..

Ne négligez pas cette étape. Assurez-vous que votre matériel est clair, concis et facile à suivre. Cela vous permettra de vous sentir plus confiant et de vous assurer que votre public puisse suivre votre présentation sans difficulté.

 

Un discours structuré et captivant

 

Nous allons mettre le captivant de côté pour l'instant car cela pourrait générer un stress supplémentaire contraire à l'objectif de cet article.

 

Le plus important est, pour commencer, d'avoir un discours structuré. Votre auditeur doit toujours savoir où vous l'emmenez. Vous devez pour cela avoir une structure claire et utiliser un langage compréhensible par tous.

 

Un discours bien structuré se compose généralement de trois parties principales:

  • l'introduction ;
  • le corps et ;
  • la conclusion.

Il est essentiel d'organiser vos idées de manière logique et cohérente pour que votre auditeur puisse suivre votre raisonnement.

 

Connectez-vous émotionnellement avec votre auditoire

 

Comprendre l'émotion de votre auditoire est essentiel pour créer un lien profond. Les émotions sont des indicateurs puissants de nos pensées et de nos comportements. En tant que communicateur, vous devez être capable de déchiffrer ces émotions pour mieux comprendre comment votre message sera reçu.

 

La connexion émotionnelle ne se limite pas à comprendre les sentiments de votre auditoire. Elle implique également de partager vos émotions et expériences personnelles.

 

L'art de la narration et le partage d'expériences personnelles

 

Cela peut être aussi simple que de partager une histoire personnelle ou un défi que vous avez relevé. En partageant vos expériences, vous pouvez aider votre auditoire à se sentir plus connecté à vous et à votre message. On a tous vécu des dizaines d’aventures qui méritent d’être partagées.

 

Les histoires ont un pouvoir considérable :

  • elles aident à apprendre et à retenir les choses ;
  • si elles sont personnelles, elles ont l’avantage que personne d’autre ne les as racontées avant nous ;
  • elles permettent de retenir plus facilement son texte ;
  • elles rendent humain.

Il n'est pas inutile de saupoudrer votre discours avec une soupçon d'humour. Cela vous donne une longueur d'avance sur vos concurrents.

 

L'humour :

  • rend joyeux ;
  • réduit le stress et diminue la pression ;
  • libère la créativité ;
  • rend sympathique ;
  • augmente le charisme ;
  • nous différencie. 

Vous n'êtes pas drôle ? Pas de panique ! Il n'est pas nécessaire de déclencher un fou rire. Faire apparaître un léger sourire sur le visage de vos auditeurs est largement suffisant.

 

L'importance du langage non-verbal

 

Avant même d'avoir prononcé un seul mot, votre langage corporel a déjà révélé beaucoup de choses. Il est capable de véhiculer de l'assurance, de l'ouverture et une accessibilité.

 

Il vous faudra aussi trouver un équilibre entre détente et vigilance lorsque vous parlez et engagez une conversation. Évitez les postures rigides ou tendues, car elles peuvent donner l’impression que vous êtes inapprochable. Plutôt que cela, gardez une position détendue. Pour montrer à votre interlocuteur que vous manifestez de l'intérêt à son égard; vous pouvez hocher subtilement la tête, vous incliner légèrement vers l'avant et garder une attitude corporelle ouverte.

 

La communication non verbale englobe :

  • le langage corporel ;
  • les expressions faciales ;
  • les gestes et même ;
  • le ton de la voix.

N'oubliez pas de sourire, un des moyens les plus simples et efficaces pour créer une connexion avec votre public.

 

Lorsque d'une première rencontre, un sourire chaleureux peut préparer le terrain pour une interaction agréable et laisser une impression positive durable .

 

Pour sourire plus souvent et plus naturellement , il suffit de s'entraîner un peu et de lire l'article : comment sourire plus sans se sentir idiot.

 

Travailler son authenticité.

 

Il est également important de rester authentique dans votre communication. Si vous prétendez ressentir une certaine émotion que vous ne ressentez pas réellement, votre auditoire le remarquera. Si vous racontez des histoires que vous n'avez pas réellement vécues, le public le ressentira également.

 

Raconter des histoires personnelles et partager ses émotions, c'est aussi faire preuve de vulnérabilité de votre part.

 

Le pouvoir de la visualisation positive

 

La visualisation est une technique puissante qui peut vous aider à gérer votre trac. Elle consiste à vous imaginer en train de réussir votre présentation. En visualisant votre succès, vous pouvez augmenter votre confiance en vous et diminuer votre stress.

 

Techniques de visualisation pour renforcer la confiance en soi

 

Vous trouverez sur ma chaîne youtube des visualisations et méditations spécialement conçues pour la gestion du stress lors d'une conférence ou d'un discours. Elles ont pour objectif de renforcer la confiance en soi tout en étant axée sur la prise de parole.

Plus la visualisation sera pratiquée régulièrement, plus elle sera efficace. Il s'agit d'un exercice qui demande du temps et de la patience. Si vous n'êtes pas un habitué, il est recommandé de commencer par des sessions courtes, de quelques minutes seulement, et d'augmenter progressivement la durée.

 

Se projeter dans le succès

 

L'efficacité de la visualisation dépend aussi de la précision des images mentales que vous créez. Essayez d'impliquer tous vos sens dans l'exercice. Imaginez à quoi ressemblerait votre succès avec un maximum de détails. Plus vos images sont réalistes, plus elles seront efficaces pour augmenter votre confiance en vous. La visualisation est un outil, et non une solution miracle. Elle ne remplacera pas une bonne préparation ou une pratique régulière de votre présentation.

 

Il est également utile de combiner la visualisation avec d'autres techniques de gestion du stress. comme la respiration.

 


Transformez votre public en partenaire

 

Interactivité et engagement de l'audience

 

L'interactivité est une clé essentielle pour transformer votre public en partenaire. Cela signifie :

  • qu'ils ne sont pas seulement des consommateurs passifs de votre contenu ;
  • qu'ils peuvent devenir des ambassadeurs de votre marque, partager votre contenu avec leurs propres réseaux et même contribuer à votre contenu avec leurs propres idées et commentaires.

En encourageant votre public à participer activement, vous augmentez le niveau d'attention et vous créez une connexion plus profonde. On se souviendra plus longtemps de vous.

 

ll existe de nombreuses façons de mettre de l’interactivité mais pas d’importe comment !

 

Voici quelques conseils pour des interactions réussies

  • Visez la simplicité. Ce doit être simple à expliquer, simple à comprendre, simple à mettre en œuvre ;
  • Définissez un objectif clair dès le départ : connecter les participants entre eux, remonter le niveau d’énergie, générer du fun et de la créativité...
  • Expliquez clairement les règles d’intervention : à tour de rôle, avec la main levée ;
  • Cherchez des interactions qui incitent le plus grand nombre à participer ;
  • Donnez la parole à un maximum de participants ;
  • Ne vous prenez pas la tête avec les personnes qui ne veulent pas participer ;
  • Tenez compte également de la durée de votre intervention. Les exercices varieront en fonction de la durée de l’intervention ;
  • Variez les exercices, surtout si vous intervenez dans des cycles avec des participants qui reviennent ;
  • Testez vos jeux et activités. Si cela ne marche pas, passez à autre chose ;
  • Enfin, amusez-vous !

L'importance du feedback

 

Le feedback est un outil puissant pour l'apprentissage et l'amélioration.

 

On touche ici à ce que je considère comme le plus gros souci en matière de prise de parole à savoir l'importance de demander du feed-back et l'art de demander du feedback. Trop nombreux sont les orateurs qui s'abstiennent de demander un retour sur leur prestation. Les raisons sont variées

  • un manque de préparation assumé ;
  • la peur du jugement ;
  • la conviction qu'on est déjà très bon ;
  • la crainte d'un feed-back malveillant.

Une analyse de ses points forts et de ses points d'amélioration est pourtant le passage obligés vers une amélioration de nos prestations.

 

Le feedback peut provenir de diverses sources. Il doit toujours être légitime (donné par une personne habilitée à vous le donner parce que vous l'avez demandé) et bienveillant. Je suggère :

  • de toujours commencer par lister ce que vous avez bien fait. Capitaliser sur vos points forts vous fera passer de bon à brillant.
  • et de lister ensuite vos points d'amélioration (plus motivant que de parler de points faibles).

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Conclusion

 

La route de de l'anxiété à l'applaudissement est pavée de découvertes et d'apprentissages. Nous avons exploré ensemble différentes stratégies pour surmonter la peur de prendre la parole en public, allant de l'acceptation du trac à la visualisation positive, en passant par la préparation minutieuse et l'engagement de l'audience.

 

Il est essentiel de comprendre que le trac est un compagnon naturel dans cette aventure, et plutôt que de le combattre, nous pouvons apprendre à le canaliser pour en faire une force motrice. En comprenant les origines de nos peurs et en travaillant sur notre authenticité, nous pouvons établir des connexions émotionnelles profondes avec notre public.

 

Alors, que votre prochaine prise de parole soit une présentation en entreprise, une performance artistique ou un discours public, rappelez-vous ces stratégies éprouvées. Avec la bonne préparation, une communication authentique et une dose de confiance en soi, vous pouvez briller sous les projecteurs et passer de l'anxiété à l'ovation.

 

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